DE L'EGLISE SAINT NICOLAS A LA CATHEDRALE

Le 6 décembre 1247, le Pape Innocent IV écrit aux Frères Prêcheurs de Gênes pour donner l'autorisation de construire une chapelle sur le castrum de Monaco. La Bulle " Pro puritate devotionis et fidei " précise qu'une telle construction doit favoriser la réception des sacrements. La lettre apostolique est datée de Lyon, le jour de la fête de Saint-Nicolas-de-Myre, patron des gens de mer, et c'est sous ce patronage qu'est placée l'église du Rocher.

La construction de l'église commença vers 1252 et l'édifice fut décoré et embelli au cours des années grâce à la piété et à la générosité des Seigneurs et Princes de Monaco ainsi que de la population.

Hercule Ier, Seigneur de Monaco (1589-1604), s'efforça d'obtenir une certaine autonomie religieuse à l'égard des évêques de Nice et de Vintimille. Son successeur, Honoré II, Seigneur et Prince de Monaco (1604-1662), poursuivit dans cette voie et affirma clairement son droit de patronat.

Antoine Ier (1701-1731) souleva le premier la question du nullius diocesis selon laquelle Monaco ne relèverait d'aucun diocèse, mais de Rome. Honoré III entretint des relations plus ou moins paisibles avec les évêques de Nice et de Vintimille. En 1750, il annula tout acte, contrat ou constitution sortis des bureaux de la Chancellerie épiscopale de Vintimille car contraires à ses droits souverains. L'année suivante, il signa un concordat avec l'évêque de Nice précisant que l'évêque n'aurait la juridiction ecclésiastique que pour les affaires spirituelles. En 1755, un Visiteur Apostolique était nommé pour Menton et Roquebrune.

En 1793, Monaco est annexé à la France et désormais son histoire religieuse se confond avec celle du diocèse de Nice. Un projet visant à ériger un évêché avec à sa tête un évêque constitutionnel est rejeté. C'est Mgr Colonna d'Istria, évêque de Nice de 1802 à 1833 qui administre la paroisse de Monaco.

Après que le Prince Honoré IV ait récouvré ses Etats par le Traité de Paris (1814), le Prince Honoré V entame, en 1822, des négociations avec l'évêque de Nice. Désormais, tout acte épiscopal en matière religieuse devra être approuvé par le Prince avant publication et un Vicaire Général recevra au nom de l'évêque les prérogatives spirituelles de droit et le libre exercice de la juridiction ecclésiastique.


En 1865, lors de la nomination de l'abbé Ramin comme curé de la paroisse Saint-Nicolas, le Prince Charles III (1856-1889) estime que ses prérogatives n'ont pas été respectées. Il entreprend alors une action diplomatique qui reçut un accueil favorable du Pape Pie IX. Par décret consistorial en date du 30 avril 1868, la paroisse de Monaco était séparée du diocèse de Nice et érigée en Abbaye nullius diocesis, ayant à sa tête un Abbé mitré dépendant directement de Rome et investi des droits et de la juridiction d'Ordinaire. Don Romaric Flugi, bénédictin de la Congrégation de Subiaco, fut nommé Abbé. Il est remplacé en 1871 par Dom Léandre du Lou, mais les bénédictins quittèrent Monaco en 1874.

Il fallait trouver une solution provisoire : l'un des évêques voisins serait Administrateur apostolique. Mgr Lorenzo Viale, évêque de Vintimille, administra donc l'Abbaye en 1875. Au même moment, on décide de démolir l'église Saint-Nicolas. La première pierre de ce qui allait devenir douze ans plus tard la Cathédrale du nouvel évêché, fut posée le 6 janvier 1875.
Le 15 mars 1887, la Bulle " Quemadmodum sollicitus " du Pape Léon XIII érigeait le diocèse de Monaco, dépendant directement de Rome. Mgr Charles François Bonaventure Theuret, fut nommé évêque de Monaco. La Bulle reçut l'approbation du Prince Charles III et une Ordonnance Souveraine datée du 28 septembre 1887, lui donnait force de loi en Principauté. Dès le 14 mai 1887, une autre Ordonnance Souveraine divisait le territoire du diocèse en quatre circonscriptions paroissiales : paroisses du Palais, de la Cathédrale, de Sainte-Dévote et de Saint-Charles. S'ajouteront en 1911, la paroisse Saint-Martin et, en 1987, la paroisse Saint-Nicolas de Fontvieille.

La Bulle de 1887 concrétisait les efforts soutenus des Seigneurs et Princes de Monaco pour assurer l'autonomie religieuse de leur Etat. Par une Convention signée au Vatican le 15 juillet 1981, le Siège épiscopal de Monaco est élevé à la dignité de Siège archiépiscopal. Mgr Charles-Amarin Brand fut le premier archevêque de Monaco. Mgr Joseph-Marie Sardou lui succéda de 1985 à 2000 et, l'actuel archevêque, Mgr Bernard Barsi a été ordonné le 8 octobre 2000.


Directeur de publication : Père Philippe Blancdernière mise à jour : mercredi 2 novembre 2011